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Paru le : 12/10/2006 dans le quotidien « Aujourd’hui France »

Environnement

Le boom du bois se confirme



Angers (Maine-et-Loire)


«AGIRÀ LA HAUTEUR des enjeux » : c'est sous le signe de l'action que se sont ouvertes, cette semaine
à Angers, puis à Nantes à partir d'aujourd'hui, les quatrièmes Assises nationales du développement durable. Façon d'encourager les 1 500 élus, experts, chefs d'entreprise et responsables d'association attendus, à innover pour mieux concilier production, consommation et protection du climat et des milieux naturels. L'engouement pour le chauffage au
bois le prouve, les solutions existent.
En plein essor depuis cinq ans, le secteur s'est littéralement enflammé l'an passé en France.
Et le phénomène est bien parti pour durer.
Selon les prévisions de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), les ventes aux particuliers d'appareils de chauffage au
bois dépasseront probablement, cette année en France, les 500 000 unités. C'est 16 % de plus qu'en 2005, et 43 % de plus qu'en 2004. Relancé, comme toutes les énergies alternatives, par la hausse du prix du pétrole, l'intérêt des Français pour le bois énergie ne se dément plus.
Il devrait même, selon la plupart des spécialistes du secteur, s'inscrire dans la durée.

« 3 kg de bois équivalent à 1 litre de fuel »

Car, au-delà du coût du fuel et du gaz, les bonnes raisons de se chauffer au bois ne manquent pas. Rendement, puissance, combustion, esthétique, pollution et propreté... Les appareils disponibles sur le marché n'ont plus rien à voir avec le vieux poêle à bois de mémé. « Avec un appareil à 70 % de rendement, on peut considérer que 3 kg de bois équivalent à 1 litre de fuel. Et pour ne parler que des poêles, ils affichent aujourd'hui des taux d'imbrûlés cent fois inférieurs à l'après-guerre », détaille Jean-Yves Bretaud, un artisan spécialisé installé en Vendée.
Mis en place par les fabricants et l'Ademe, le label Flamme verte, qui certifie un rendement supérieur ou égal à 65 % et des rejets de monoxyde de carbone (CO) inférieurs à 0,8 %, représente aujourd'hui plus de 80 % des appareils vendus en France. Et ses normes seront de nouveau durcies dès l'an prochain. « L'intérêt est double : on valorise mieux la ressource, on consomme donc moins et on diminue les émissions nocives », explique Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Ademe. Des arguments qui parlent aujourd'hui, y compris aux non-initiés.
Signe du changement d'état d'esprit des Français, si les foyers fermés dominent toujours le marché, les ventes de poêles (50 % entre 2004 et 2005) et de chaudières à
bois (+ 127 %), tous les deux plus performants, explosent. « Les chaudières à granulés notamment se développent beaucoup, car elles répondent à une demande d'autonomie et de propreté. C'est aussi le signe que certains envisagent le bois non plus seulement comme une solution d'appoint, mais bien comme un chauffage central », prolonge Jean-Louis Bal.
Ces deux dernières années, le phénomène s'est amplifié mécaniquement avec la revalorisation des crédits d'impôt accordés aux équipements de chauffage utilisant une source d'énergie renouvelable.
Portées de 20 à 40 % en 2005, puis à 50 % (hors installation) depuis le 1er janvier dernier, les remises fiscales ont dopé le marché du chauffage au
bois et convaincu les plus hésitants.
Seul revers de la médaille, le prix du
bois a progressé de 15 % entre 2003 et 2005, selon l'Ademe. Une augmentation qui varie cependant selon les régions et donc les possibilités d'approvisionnement.




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